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Nos locataires, acteurs au quotidien
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Lucien CHUMBINHO - Rethel |
C’est
au local du Secours populaire, immeuble Boileau rue de la Neuville
à Rethel, que Monsieur Lucien Chumbinho nous accueille.
L’endroit, qui était il y a 20 ans un simple local à vélos, s’est
transformé en une véritable caverne d’Ali Baba où l’on peut trouver un
peu de tout, des vêtements à l’alimentation, en passant même
actuellement par une poussette pour jumeaux !
Dès notre arrivée, M. Chumbinho nous précise qu’il reste redevable à l'Office d'avoir fourni ce lieu de rendez-vous à l’association et d'avoir permis la réalisation de travaux d’agrandissement afin de réunir bureau, accueil et « magasin ». Pour mémoire, les premières permanences du Secours populaire à Rethel se tenaient à l'origine dans le logement d’une bénévole. Mais c’était sans compter sur l’énergie de M. Chumbinho qui, dès son arrivée dans l’association, s’est investi pour développer l’antenne et en faire ce qu’elle est aujourd’hui, à savoir la première des Ardennes, aidant des personnes qui viennent de tout le sud du département aux permanences et ce parfois même en faisant du stop... |
Cette opportunité de faire « quelque chose de bien » il l’a toujours
attendue. « C’était notre rêve à ma femme et moi » nous dit-il. C’est
en effet sans tabou qu’il nous confie qu’il a vécu des périodes assez
difficiles, côtoyant pendant un temps la misère. D’ailleurs, lorsqu’il
s’installe à Rethel dans les années 60, sa femme ne peut retenir ses
larmes car, pour la première fois, elle va pouvoir disposer d'une salle
de bains, ce qui est encore rare à l’époque.
Pour aider ceux qui connaissent actuellement des situations précaires, M. Chumbihno n’hésite pas et rend au centuple ce qu’il a pu recevoir car, comme il nous l’affirme, « pour être bénévole, il faut aimer les gens pour ce qu’ils sont et non pour ce que l’on voudrait qu’ils soient ». Il n’attend rien en retour, ni merci, ni honneurs, car c’est la seule volonté d’aider qui l’anime. C’est donc sans compter qu’il passe des heures au local du Secours populaire, pendant et en dehors des deux après-midi hebdomadaires d’accueil. Il n’hésite d’ailleurs pas à l’améliorer en réalisant des travaux d’entretien et en récupérant du mobilier dès qu’il le peut. S’il a choisi le Secours populaire, c’est d’abord parce qu'il a eu l’opportunité de développer l’association dans le Rethélois mais ce qui lui plaît surtout dans son action, c’est le rapport fort à la dignité humaine. Ici le tutoiement est de rigueur et la relation avec les personnes dans le besoin est basée sur un système de cotisation, notamment pour l’aide alimentaire. A Rethel, les missions de l’antenne sont diverses. Il y a bien évidemment l’aide alimentaire et le « vestiaire » dans lequel on peut trouver facilement son bonheur parmi les milliers d’articles proposés, tant pour enfants que pour adultes. L’antenne apporte également un soutien aux familles pour remplir tout document administratif et agit dans le domaine de l’accès à la culture et aux vacances pour les enfants (comme le 19 août dernier, lors de la journée des oubliés des vacances au cours de laquelle plus de 40 000 enfants dont 3 000 venus d'autres pays d'Europe se sont retrouvés à Paris pour une journée festive et un pique-nique au pied de la Tour Eiffel). En plus de ces projets locaux, l’antenne collabore aussi à d’autres projets d’envergure internationale comme récemment avec le Kosovo. Une autre grande action qui tient à coeur de cet ancien chauffeur routier est celle de l’adoption par l’antenne d’un orphelinat en Roumanie. « Je me souviens très bien de la première fois où j’ai lu cette annonce dans journal : un Ardennais cherchait des vêtements et de quoi les transporter en Roumanie ». En quelques jours, M. Chumbinho en réunit une grosse quantité et se rend sur place où il tombe littéralement amoureux du pays et de ses habitants dont il dit qu'ils ont le coeur sur la main. La pauvreté dans laquelle les gens vivent là-bas l’a énormément touché et il essaye de rendre visite annuellement à l’orphelinat. En 20 ans, il s’y est d’ailleurs déjà rendu 18 fois. M Chumbinho est effectivement un grand voyageur. Lui qui a sillonné toute l’Europe assure s’être toujours fait comprendre sans parler la langue, grâce à un sourire et à une main tendue. S’il est très investi dans son association, il sait aussi faire preuve de rigueur et de pugnacité. Lui qui a commencé avec un seul bénévole, travaille maintenant avec une dizaine de volontaires et veille à ce que ceux-ci gardent « l’esprit Secours populaire ». Un seul mot d’ordre est de mise : ne pas juger autrui. Celui qui a un immense respect pour Nelson Mandela, Martin Luther King, Soeur Emmanuelle et l’Abbé Pierre, affirme que c’est grâce à son projet avec le Secours populaire qu’il a appris tant de choses. S’il n’est pas peu fier du chemin qu’il a suivi et qui lui reste à faire avec le Secours populaire, sa plus grande réussite reste pour lui d’être à la tête d’une belle et grande famille. Avec 5 enfants, 14 petits-enfants et 6 arrière-petits-enfants, M. Chumbinho se dit comblé. Rappel : Les permanences de l’antenne de Rethel Secours populaire ont lieu immeuble Boileau rue de la Neuville tous les mercredi et jeudi de 14 h à 18 h. |
Lorie FAZIO-SINET - Charleville-Mézières |
Qui
pourrait s’imaginer que se cache dans notre patrimoine, une ancienne
star du Crazy-Horse ? Loin des strass et des paillettes, c’est tout en
simplicité que Lorie Fazio-Sinet nous accueille pour nous parler de
cette expérience hors du commun.
Née à la Ciotat, elle vit dans les Ardennes jusqu’à l'âge de 12 ans puis elle déménage à Troyes. A 18 ans, elle décide de "monter" à Paris. Loin de s’imaginer le rêve qu’elle va vivre, Lorie est alors passionnée de sport et pratique depuis longtemps la gymnastique. Une des connaissances de son compagnon de l’époque est danseuse au Crazy et c’est sans y croire vraiment, qu’elle passe le casting « pour voir ». Elle sera embauchée au cabaret à peine une semaine après cette audition. Une chance pour cette jeune femme qui n’a pas de formation de danseuse. Et c'est ainsi que pendant 4 ans, Lorie devient Loulou et enchaîne répétitions et spectacles. Lorsqu’on lui demande si le rythme n’était pas trop difficile, la jeune femme nous répond qu’elle n’a jamais eu l’impression de travailler. Certes, ses horaires de travail étaient décalés : le spectacle ne se terminait pas avant 1h30 et la danseuse se couchait rarement avant 3h00 du matin mais cela n’était, selon elle, qu’un rythme à prendre. « Je n’ai jamais pris cette expérience au sérieux mais plutôt comme un jeu : dès que l’on arrive le soir pour le spectacle on se fait chouchouter, on se maquille, on met de magnifiques costumes. Je ne vois pas ce qu’une femme peut rêver de mieux comme travail » nous précise-t-elle. |
| Du décor très épuré aux jeux de lumières, le Crazy Horse sait vraiment
mettre les femmes en valeur sans jamais être vulgaire. D’ailleurs, la
plupart "des filles" sont très pudiques. Lorie nous l’affirme : sur
scène elle était quelqu’un d’autre, Loulou une femme sûre d’elle qui
pouvait faire tout ce que Lorie n’aurait pas osé dans sa vie
quotidienne une fois le rideau retombé. Derrière le côté festif, la vie de danseuse au Crazy demande rigueur et discipline. Lorsqu’on l’interroge sur les qualités principales qu'il faut avoir pour faire ce métier, ce n’est pas de compétences techniques dont Lorie nous parle mais de mental : « avoir les reins solides, garder la tête sur les épaules et ne pas être naïf ». Le monde du spectacle est assez dur et elle nous explique qu’on peut être considérée comme la meilleure pendant un temps puis, du jour au lendemain, n’être plus rien aux yeux des responsables de l'établissement. De même, si le cabaret gère tout de la vie professionnelle, il gère bien souvent aussi la vie privée des danseuses. Finalement, les soirées mondaines auxquelles elle a pu assister ne lui ont pas toujours paru très saines et elle reste sûre que le fait d’avoir pris cette expérience comme un amusement l’a préservée de certaines bêtises qu’ont pu faire d’autres danseuses. Mais Lorie se reprend vite et nous assure que derrière ces quelques aspects certes plus délicats, les côtés positifs restent innombrables. Et lorsque nous lui demandons si elle est nostalgique de ces années « Crazy », Lorie nous l’affirme sans hésiter. « Une fois que l’on monte sur scène, on est marqué au fer rouge à vie. » Le Crazy lui aura bien sûr appris la féminité mais surtout cette expérience lui aura forgé le caractère. Elle sait maintenant affirmer ses choix, elle sait ce qu’elle veut faire et ce qu’elle ne veut pas faire. De même, la vie au Cabaret lui aura permis de côtoyer des personnalités comme le Prince Albert de Monaco, Will Smith ou encore MC Solaar. C’est maintenant qu’elle réalise la chance qu’elle a pu avoir, petite Ardennaise d’à peine 20 ans à l’époque, de vivre une telle expérience. Après ces 4 années au cabaret, elle voyage beaucoup, des Etats-Unis à la Chine, où elle restera 7 mois dans un cabaret copiant le concept du Crazy mais dont le standing n’avait rien à voir. Elle tourne par la suite avec la troupe « Collection Privée » lors de contrats à Milan et Genève. Elle consacre maintenant tout son temps à ses enfants. Actuellement âgés de 8 ans, 3 ans et 4 mois, ses 2 garçons et sa fille sont sa grande fierté : « j’ai 4 tatouages sur moi : mon nom de scène et celui de mes 3 enfants. » Elle exerce tout de même en tant que professeur de fitness dans des associations de la région et pense reprendre ce métier à plein temps une fois que sa fille sera plus grande. Sportive et artiste, Lorie se passionne également depuis l’adolescence pour la peinture qu’elle continue à pratiquer. Finalement lorsqu’on lui demande si elle a envie de profiter de son expérience pour se retrouver derrière la scène, elle reste hésitante, même si l’envie ne lui manque pas, car elle sait qu’elle sera très exigeante par rapport à la rigueur et au professionnalisme qu’on lui demandait autrefois. Une chose est sûre : à 33 ans, cette jeune maman dynamique, qui a su garder la tête sur les épaules, peut se féliciter d’avoir vécu un parcours hors du commun. |
Milica
BAKIC - Charleville-Mézières (Ronde Couture) |
Un
appartement haut en couleurs, à l’image de la personnalité de son
occupante, Madame Milica BAKIC. Voilà ce que nous découvrons en
arrivant chez
elle.
Demeurant rue de la Ronde Couture depuis 2003, Mme BAKIC nous indique avoir déménagé de son ancien appartement rue des Mésanges, dans lequel elle et son mari résidaient depuis 1989, car il n’y avait pas de balcon. Et lorsque l’on voit l'espace chatoyant qu'elle a fait du sien, on comprend combien il manquait à cette férue des plantes un petit coin de paradis pour faire pousser ses fleurs. C’est donc tout naturellement que cette passionnée à la main verte, qui garde toujours un bouquet de fleurs fraîches près de sa télévision, compte régulièrement parmi les lauréates du concours des balcons fleuris organisé par l’Office. Elle a d’ailleurs participé, avec grand plaisir, à différents voyages récompensant les vainqueurs : « J’aime voyager et découvrir pleins d’autres pays » nous livre-t-elle. Plus que cela, cette épicurienne nous avoue tout simplement aimer la vie dont elle cherche à profiter au maximum en s’intéressant à toutes les nouveautés, à la mode, et en sortant dès qu’elle en a l’occasion. |
| L'histoire de cette jeune
retraitée est pleine de rebondissements
qu’elle nous raconte avec nostalgie. Née en ex-Yougoslavie, c’est à
l’école qu’elle apprend le français et sa grammaire. Elle se marie à 16
ans avec un homme plus âgé avec lequel elle aura une petite fille.
Juste après son divorce, quelques années plus tard, elle se met à
chercher du travail pour subvenir aux besoins de sa fille. Sa bonne
connaissance de notre langue lui permet d’être repérée par une
entreprise française qui recrute une dizaine de couturières pour
travailler en Normandie. Lorsqu'elle part en France, c’est le vague à l’âme qu’elle laisse derrière elle sa mère et surtout sa petite fille dont elle n’obtient pas le droit de garde. Elle surmonte néanmoins ces épreuves et s’acclimate facilement à son nouveau travail, sa nouvelle vie. En 1971, elle rencontre Miodrac, qui deviendra son second mari .Comme elle, le jeune homme est venu de Yougoslavie pour chercher du travail. Ils se marient trois mois plus tard et auront ensemble une fille qui vit également dans le quartier de la Ronde Couture. « Je n’aurais jamais pensé rester en France toute ma vie » nous dit-elle avec amusement. « Je suis venue dans les Ardennes car nous avons eu tous deux une opportunité chez PSA aux Ayvelles. » Assignée au service de contrôle de la qualité, c’est dans la bonne humeur générale qu’elle y travaille avec plaisir durant 35 ans. « J’étais très estimée par mes collègues qui, pour certains, me considéraient comme une seconde mère. J’ai eu un peu le coeur lourd le jour de mon départ. » « J’ai beaucoup d’amis français, nous avons toujours été bien intégrés. Que ce soit au travail ou dans notre quartier, nous n’avons jamais eu de problème. Nous discutons facilement avec nos voisins et les enfants viennent même nous dire bonjour lorsqu’ils nous croisent dans la rue. Nous entretenons également de très bonnes relations avec nos gardiens. » Même si elle se plaît bien en France, dont elle trouve la culture proche de celle de ses origines, elle retourne tous les ans avec son mari dans le chalet de son pays natal afin de profiter de sa famille et surtout de sa fille restée là-bas. Elle envisage même d’y vivre six mois de l’année lorsque sa petite fille Stella, qu’elle garde souvent, sera plus grande. Mme BAKIC peut être fière de son parcours, depuis son arrivée en France. Cette femme active et pleine d’entrain « qui n’a jamais connu le chômage » profite maintenant pleinement de sa retraite. |
Léon
BRION - Charleville-Mézières (Ronde Couture)|
M. Léon BRION, qui fêtera en février prochain son 90ème anniversaire, nous accueille dans son appartement de la rue de la Ronde Couture. Ardennais de naissance, il passe sa jeunesse à Mohon. Si très tôt il se passionne pour le métier de décorateur d'intérieur, la vie en aura décidé autrement pour ce futur nonagénaire qui se définit lui-même comme un « touche à tout ». Commis agricole dans sa jeunesse, il travaille par la suite aux Beaux Arts en tant que tailleur de pierre. Habile de ses mains, c’est « sur le tas » qu’il apprend ce métier d’artisan grâce auquel il participe à différents chantiers de rénovation, comme ceux de l’Abbaye du Mont-Dieu, de l’Eglise de Chémery-sur-Bar ou encore de la place Ducale. |
| Mais
M. BRION connaît également la Seconde Guerre Mondiale, lors de
laquelle il lui faut faire preuve de beaucoup de sang-froid puisqu’il
est chargé, entre autres, de transporter à travers la forêt de Lorient
des grenades dans le panier de son vélo recouvert de ses effets
personnels pour ne pas se faire prendre par l’ennemi. Dans les années soixante, M. BRION travaille sur les grands projets HLM de l’époque comme chef de chantier avant de monter à Paris. Gérant parfois plus de 70 « bonhommes », (comme il les appelle), et supervisant jusqu’à 14 corps de métiers allant de la menuiserie à la plomberie, il s’occupe des opérations de construction jusqu’à leur réception. Le doyen se souvient de ces chantiers imposants qui se déroulent alors à grande vitesse et qui ne sont pas toujours évidents à gérer : « Il fallait monter un étage par jour au niveau du gros-œuvre et de la maçonnerie ». Superviser le travail d’autant d’ouvriers demande une certaine force de caractère et c’est avec malice qu’il nous conte certaines anecdotes comme cette fois où il est allé chercher certains de ces manoeuvres « tires-au-flanc » au fond d’un bar PMU. En quelques années les champs se transforment en barres et M BRION voit naître de son labeur la tour Rubis dans le quartier du Lac à Sedan ainsi que celles des Mésanges, des Chardonnerets-Bouvreuils et de l'avenue du Muguet dans le quartier de la Ronde Couture à Charleville-Mézières. Il voit d'ailleurs certaines d'entre elles depuis les fenêtres de l'appartement qu’il occupe depuis 1986. Il dit se plaire volontiers dans son immeuble, notamment grâce aux bonnes relations qu’il entretient avec son voisinage qu’il décrit comme toujours serviable à son égard. Cet homme à la vie bien remplie reste avant tout un artiste et c’est méticuleusement qu’il crée et reproduit des tableaux. La passion du dessin l’habite depuis tout petit puisqu'à l’école, déjà, il était le premier à peindre avec ses aquarelles. C’est maintenant aux feutres qu’il exerce, toujours aussi vif, son coup de crayon. |
Amar
IFRAH - Charleville-Mézières (La Houillère)|
C’est un parcours hors du commun pour un jeune homme de 22 ans que vit actuellement Amar IFRAH. Originaire d’Alger, il décide à l’âge de 16 ans de quitter sa famille pour venir vivre à Lille chez ses grands-parents. Ses parents sont au début assez réticents quant au fait de laisser partir leur garçon seul en France, mais il arrive à les convaincre par sa volonté de déménager pour mener à bien son projet professionnel. Amar nous explique en effet que, pour beaucoup de jeunes Algériens, la France est perçue comme un pays où il est plus facile de réussir. Le jeune homme a depuis longtemps une idée bien arrêtée de la profession qu’il souhaite exercer, à savoir celle de steward aérien. A son arrivée à Lille, il intègre d'abord une classe de 3ème. Une fois majeur, il vient dans les Ardennes, où il n’a pour connaissance qu’un cousin, poursuivre sa seconde au lycée Monge. Les premiers temps ne sont vraiment pas faciles : il passe trois mois au foyer des jeunes travailleurs de La Houillère puis décide de se trouver un vrai appartement. Après avoir rencontré quelques difficultés pour trouver un logement, puisqu’il ne dispose que de peu de ressources et n'a personne pour se porter caution, il s’installe finalement rue Mermoz à Charleville-Mézières. Pour subvenir à ses besoins, ce garçon autonome et volontaire enchaîne les petits boulots. « J’ai commencé avec rien » nous confie-t-il. C’est en effet seul qu’il payera tout ce qui était nécessaire à son installation. |
| Actuellement
en BTS
Technico-commercial à Bazin, son quotidien est
rythmé par de longues journées pendant lesquelles il enchaîne cours,
job étudiant en tant qu’animateur au Centre Social André Dhôtel et
devoirs à la maison. Ce passionné de sport, qui fait actuellement
partie de l’équipe de football de La Houillère, a d’ailleurs dû arrêter
temporairement la boxe pour se consacrer à ses révisions. « Cette
année a été très dure pour gérer toutes ces activités en plus de
l’école ». Mais le jeune homme est volontaire et le travail ne
lui fait
pas peur. Encadrant pendant trois semaines de juillet le chantier
jeunes mis en place par l'Office sur le site de l’ex-école normale de
filles rue Jean-Baptiste Clément, cet acharné cherche en même temps un
nouveau travail. Son contrat avec le Centre Social se terminant en
septembre, c’est activement qu’il pense à l’avenir car son rêve de
devenir steward est loin d’être abandonné.
Aujourd'hui, il hésite encore entre se présenter à ce concours, le
frein principal à sa candidature étant le montant élevé des frais
d’inscription, et poursuivre ses études pour obtenir une licence plus
générale. Mais, connaissant sa pugnacité, on a du mal à douter de ses
capacités à décrocher le concours. Qui pourrait imaginer que ce garçon ne vit que depuis 2007 à Charleville-Mézières ? Membre de nombreux réseaux, comme nous venons de le voir, il nous explique que sa bonne intégration s’est faite tout naturellement et cela, notamment, grâce à sa bonne volonté. Si le jeune homme ne s'installera définitivement en France qu’une fois ses études terminées et un contrat de travail décroché, il sait d’ores-et-déjà que c'est ici qu'il souhaite vivre. |
Philippe
DEVILLE -
Bogny-sur-Meuse|
C’est un homme dynamique
accompagné de ces deux filles qui nous a donné rendez-vous dans les
locaux de notre agence de Revin. Sportif depuis toujours, c’est le
football qui a la préférence de Monsieur Philippe Deville jusqu’à ses
18 ans. C’est d’ailleurs sur le terrain qu’il se rend compte de ses
capacités d’endurance et de vitesse. Il décide alors de se lancer dans
la course à pied avec son oncle, un adepte de la discipline. Lors de sa
première course, le novice réalise déjà des prouesses en arrivant 4ème
au semi-marathon de Mouzon. Il est alors repéré par l'entraîneur et
président du Marathon Club de Mouzon, club phare du département à cette
époque.
Tout s’accélère alors, les entraînements s’intensifient et c’est sans prétention qu’il nous annonce qu’il suit actuellement un entraînement de 90 et 110 km répartis en 6 séances hebdomadaires. Si ce chiffre peut déjà en impressionner plus d’un lorsque l’on sait que M. Deville exerce en parallèle le métier de chef d’équipe au sein de l’entreprise Nexans à Vrigne-aux-Bois, il faut savoir que ces sessions ne sont pas de simples joggings mais de véritables plans personnalisés aux rythmes et distances de course aléatoires. |
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| M.
Deville a toujours appartenu à un club, du GRAC (Givet Revin
athlétique club) à l’EFSRA (dont certains licenciés ont réalisé des
exploits lors des derniers Mondiaux d’athlétisme) mais tient à
s'entraîner individuellement. « Je
suis celui qui connaît le mieux mes
qualités et mes limites, c’est pourquoi j’établis moi-même mes propres
plans d’entraînement » nous précise-t-il. D’autres coureurs,
qui ont eu
vent de son expertise, le sollicitent d’ailleurs pour des programmes
personnalisés. Cet acharné est un grand amoureux de la compétition et il avoue lui-même qu’il faut être « un peu fou » pour réaliser des séances difficiles au point d’être malade pour arriver au « chrono » voulu. Performant tant au niveau de la vitesse que de l’endurance, c’est toute l’année et par tous les temps que le sportif enchaîne les courses sur route, sur piste et cross. Il a réalisé sa dernière performance au Mont Saint-Michel où il est arrivé 1er vétéran français et 5ème du marathon sur les 6 000 participants du départ. Sa principale victoire a été avant tout de se dire qu’à 43 ans il excelle encore dans sa discipline et qu’il talonne l’élite nationale en se classant dans les 10 meilleurs marathoniens de France. Le succès est louable mais lui laisse un goût amer lorsqu’il nous indique avoir pour seul regret de ne pas s’être préparé plus jeune au marathon puisqu’à la vue de ses résultats, il est sûr qu’il aurait pu réussir quelque chose d’exceptionnel. S’il est fier de cette course, celle dont le souvenir le marquera à jamais reste un Sedan-Charleville bouclé en 1h17. Cette performance n’est pas sa meilleure mais le souvenir de l’arrivée main dans la main aux 7ème et 8ème places avec son frère Olivier l’a profondément touché. Lorsqu’on l’interroge sur les qualités d’un bon coureur, il énonce sans hésitation la persévérance, la pugnacité et le courage. « Il faut une volonté farouche pour réaliser des scores intéressants. Il faut travailler sans relâche et se tenir aux entraînements sans se décourager car ce sport demande, à haut niveau, de faire des sacrifices. » Sa passion est pour lui plus qu’un simple sport ; c’est toute une hygiène de vie qui demande rigueur et discipline. Lorsqu’on lui demande s’il compte un jour entraîner de jeunes champions, il semble encore hésiter alors même qu'il nous semble qu'il serait dommage qu'il ne fasse pas partager ses connaissances doublées de son expérience. Mais le sportif est loin d’être à la retraite. Il prépare actuellement les Championnats de France du Marathon qui se dérouleront en novembre prochain à Nice. Arrivé 4ème l’année dernière à Reims, nous lui souhaitons d’atteindre le podium cette année. |
| Conception: HABITAT 08, 2010 |